Point trop n’en faut !

Revenant sur le positionnement antinucléaire de la CFDT à la fin des années 70 (dont la lutte historique de Plogoff), Christian Mahieux fait le constat suivant, dans les Utopiques(1) de janvier 2021 :

« […] toutes ces transformations (NDR : il fait allusion à EDF) nous conduisent à un type nouveau de classe ouvrière : d’un côté quelques techniciens « privilégiés » qui bénéficient d’un statut vivable, de l’autre une masse de travailleurs précaires [.,.], mal payés, […] ayant intérêt à fermer leur gueule.
Le tout sur un fond de contrôle social généralisé et de répression de toute déviance.
Il est bien évident que cette transformation a aussi pour but d’empêcher les travailleurs de s’organiser. »

Le constat pourrait concerner la fonction publique aujourd’hui : les réorganisations permanentes des dernières décennies n’ont eu de cesse de déconstruire méthodiquement tout ce qui avait été conquis depuis la création du statut général des fonctionnaires (de l’État), édicté par la loi du 19 octobre 1946. Ce statut a sans doute atteint son apogée lors d’une d’une refonte globale entre 1983 et 1986(2). Au-delà, il a fait l’objet d’attaques en règle permanentes. De gouvernement en gouvernement, avec des motivations plus ou moins assumées, malgré les résistances, la ligne est tenue. Remplacer progressivement les personnels sous statut de fonctionnaire par des agent·es contractuel·les ou apparenté·es est devenu l’objectif.

Les gouvernants travaillent sur des temps longs par rapport à une vie de salarié. Jusqu’aux dernières années, on n’était pas dans le trop brutal dans la Fonction publique, alors que des réformes de choc pleuvaient en premier sur les boites publiques (SNCF, EDF, La Poste). Avec Macron la casse du service public s’accélère. Tout ce qui faisait le ciment, la cohésion de la fonction publique est explosé en moins de deux ans. Les réformes s’enchaînent, les méthodes de travail et de « dialogue » sont bousculées et une ligne claire se dessine : surtout empêcher les travailleur·euses de s’organiser.

Un des coups les plus durs pour tous les agents de la Fonction publique est sans aucun doute la mise en place des LDG (Lignes Directrices de Gestion) qui écarte tout regard collectif (via l’exclusion des représentant·es du personnel) sur les fondamentaux que sont le salaire, la promotion et la mobilité. Les organisations syndicales interviennent encore dans les CTSS et les CHS (jusqu’au regroupement dans les CSA(3) en 2023), mais le leitmotiv des décideurs est l’individualisation à tout prix.

Retrouvez l’intégralité de notre édito en cliquant sur l’image ci-dessous :

Dates des instances

CTEP
- 19 février 2021
CHSCTEP
- 2 mars 2021
CA
- 10 mars 2021
CHSCTEP
- 22 juin 2021
CA
- 25 juin 2021
CHSCTEP
- 29 juin 2021
CA
- 15 octobre 2021
CHSCTEP
- 29 octobre 2021
CA
- 26 novembre 2021