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À Météo-France aussi, le jour d’après se prépare maintenant !

vendredi 10 avril 2020

À Météo-France aussi, le jour d’après se prépare maintenant !

Le temps de la gestion de crise n’est pas celui des réorganisations.

Dès le 17 mars, Solidaires-Météo a demandé un moratoire sur les réorganisations en cours, et un recentrage du dialogue social sur la gestion de la crise sanitaire dans les CHSCT. (Courrier du 17 mars). Notre demande a été partiellement suivie d’effet avec, par exemple pour l’aéronautique, un report d’un mois du transfert organisationnel des CRA des DIR vers la DSM/Aero.

Trois semaines plus tard, ce report apparaît bien court et traduit un optimisme de sortie de crise qui n’est plus d’actualité.

Mais nous ne renonçons ni à notre vigilance, ni à nos revendications : il nous faut préparer le jour d’après.

Pendant des mois nous avons dénoncé les ré-organisations à venir et le calendrier imposé par la DG. En suivant l’agenda prévisionnel, nous arriverions à l’instant où l’impact est imminent.

Mais à l’heure ou le gouvernement déclare que les réformes et réorganisations en cours dans toutes les fonctions publiques sont arrêtées, Météo-France ne doit pas échapper à la règle.

Toutes les réorganisations en cours sont donc suspendues sine die, et les formations qui s’y rattachent doivent l’être également.

Pour Solidaires-Météo, la crise sanitaire ne pourra demeurer une parenthèse dans le fonctionnement de MF. L’établissement ne pourra pas faire l’impasse d’un retex sur la gestion de cette crise : mise en place d’un PCA, son contenu, la priorisation des tâches, l’organisation du travail, les conditions de travail, la sauvegarde des personnes et des biens, etc...

Il ne s’agit pas ici de critiquer mais de poser les jalons d’une réflexion future sur le fonctionnement de Météo-France.

Et quid des agents dans tout ça ?

La communication de Solidaires-Météo du 16 mars dernier,«  Un carton rouge à la DSR, encore ?  » n’a suscitée aucune réaction de la DG. Sans doute a-t-elle été occultée par le début de crise ? Nous la rappelons donc à Madame la PDG, à toutes fins utiles...

Nous sommes de fait entrés dans l’après-ICP.

De très nombreux·ses agent·es sont désormais fléché·es, soit vers leur future nouvelle activité pour les agent·es réorienté·es, soit vers leur future direction pour les agent·es déplacé·es sur l’organigramme. En région, chaque mobilité d’un·e agent·e entraîne la désorganisation d’un centre ou d’un service, voire de plusieurs d’entre eux.

Dans cet après ICP chaotique, la désynchronisation des calendriers des projets de réorganisation des métiers de la prévision a, par endroit et pour certains métiers, déclenché des reports de tâches transitoires sur plusieurs centres (parfois jusqu’à 4 !). ! Et ce sont alors autant de services de l’État et de collectivités qui changent et multiplient leurs interlocuteurs.

La direction, prompte au changement, a anticipé des « go-nogo », alors que l’architecture n’était pas finalisée, et ce pour des missions relevant du SPB !

Tout cela dans un contexte critique où, depuis des années, les inter-régions doivent gérer le non-remplacement du personnel et fonctionnent en mode ultra dégradé de réorganisation permanente.

Dans certaines régions, près de 50% du personnel se verra réaffecté d’ici la saison hivernale 2020-2021. Chaque mobilité individuelle imposera une succession d’ajustements ou transferts de compétences qui affectera une multitude de services et agent·es.

Trop c’est trop ! Ce n’est pas acceptable.

La sortie de crise sera longue et incertaine. Notre système de production entre deux eaux, est tout sauf robuste. Avant que d’entreprendre les réflexions de fond, Une première mesure d’urgence est de se donner des marges de manœuvres pour « passer l’hiver » …

Le mode fonctionnement dégradé va s’imposer à nous pendant de nombreux mois. Aussi,

alors que l’automatisation annoncée n’est pas effective, comment la direction peut-elle envisager le maintien de l’intégralité de la production tout en supprimant des postes en région ?

Solidaires-Météo revendique pour les mois à venir et pour l’hiver 2020-2021 :

  • la réduction des productions expertisées humainement en adaptant le volume aux effectifs disponibles ;
  • un étalement de la production sur toute la journée ;
  • des demandes de renfort auprès d’autres services et l’étude de scenarii avec renfort ;
  • une gestion la plus optimale possible des mobilités afin de dégager des marges de personnel pour la saison hivernale.

Cela doit s’articuler avec :

  • une remise en plat complète des réorganisations en cours
  • une réflexion aboutie sur l’accomplissement de nos missions en analysant la gestion de cette crise sanitaire
  • une réflexion aboutie sur les conditions de travail, télétravail et travail à distance avec des règles et garanties claires pour les agents

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