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CR SOLIDAIRES sur l’étude JLO sur le service RH….

les études de boites de conseil se suivent et se ressemblent.

vendredi 4 mai 2018

Les causes engendrant les même maux, la direction de Météo-France emploie les mêmes méthodes pour colmater les situations de souffrance au travail de tout un service….

A la place d’une "expertise CHS" tout d’abord, telle que demandée en CHSCTSS du site de Saint Mandé, la direction a préféré commander une "étude". Elle a ensuite choisi le cabinet JLO Conseil, puisqu’un marché existait déjà entre Météo-France et cette société (sur les seuls critères de l’administration donc).

Solidaires Météo ne se faisait donc guère d’illusions sur l’attendu de la direction à cette étude.
Mais avec les autres organisations syndicales et les personnels RH du COPIL (comité de pilotage), Solidaires Météo s’était malgré tout investi dans le cahier des charges de l’étude, dès juillet 2017.
Avec classiquement une décomposition en 2 parties, l’une de "constat", par des écoutes individuelles et collectives d’agents de la DRH par le cabinet JLO, sur volontariat des agents et avec une garantie d’anonymat, l’autre de "pistes d’améliorations", pour permettre à la direction d’écrire son plan d’actions.

La première partie sur « l’écoute et le constat »,

Cette étape a été tout d’abord été présentée par JLO aux membres du COPIL :

JLO a écouté 33 personnes travaillant à RH sur un effectif de 55, et la restitution des propos des agents écoutés, en "verbatim" donc sans censure (mais toujours de manière anonyme), a été édifiante, sur leur vécu douloureux du travail à RH, avec comme constat :

* une réorganisation RH effectuée au 1er janvier 2017 sans en avoir étudié tous les aspects (et j’en rajoute, sans avoir réagi aux alarmes données en leurs temps par les personnels, puis leurs représentants syndicaux »).

* des outils informatiques encore imparfaits,

* un manque de temps des agents pour se former, et/ou former les autres collègues

* un grave Pb de management (absence d’écoute, de soutien et d’arbitrages),

* un déficit d’écrits (pas de CR de réunion peu de modes opératoires ou de procédures de travail ou de liens consignés pour trouver les textes officiels)

* une instabilité dans l’organisation et dans l’attribution des taches (certaines taches, pourtant identifiées en amont de la réorganisation, sont toujours « orphelines »)

* des situations de souffrance des personnels, y compris d’encadrement intermédiaire, expliquant les mutations (souvent sans période de recouvrement) et arrêts maladie trop nombreux.

Ce constat, avait pourtant déjà été fait par les organisations syndicales et par le CHSCT, lors des visites CHSCT du service. Le regard "extérieur" de JLO, allait-il permettre à ce constat d’être enfin entendu par le DRH ?

LAS, comme à chaque fois que JLO en est à l’étape de "restitution des constats" aux agents, c’est une énorme déception et désillusion pour le personnel, avec des propos ou des remontées largement minimisées :

lors de la réunion de présentation de JLO aux personnels, cette partie "constat" avait même été « oubliée ». La réunion avait donc été vite interrompue et reportée, face à l’incompréhension et colère des personnels.
Dans la réunion de rattrapage, où 30 agents avaient malgré tout réussi à venir (prévenu-es tardivement de la nouvelle date, un mercredi), la présentation a donc commencé, comme il se doit, par le rendu aux agents des entretiens.

JLO commençait par souligner que certains agents se sentaient en « surcharge de travail", mais que d’autres se disaient en "sous charge de travail » (ce 2de constat n’étant pas apparu lors du rendu aux COPIL !), les deux engendrant évidemment un mal-être au travail ;

Puis la présentation s’est noyée dans un jargon de « boite de com », avec une multiplication de termes pourtant à proscrire, accolées aux paroles des agents (ce qui n’avait pas été le cas lors de la restitution au COPIL) :

On a donc entendu des termes comme "ressentis des agents", "impressions", "sensations", "sentiments", "pensent que", "pourrait", "paraît être", "certains, mais pas tous", ce choix de terminologie fragilisant la crédibilité du vécu des agents.

Pour la seconde partie de « pistes d’actions »,

JLO a présenté dans 2 réunions de COPIL successives, des tableaux de près de 60 lignes Excel de piste d’actions, certaines de bon sens.

L’objectif étant que le DRH s’en inspire pour établir SON plan d’actions RH 2018, pour désamorcer la situation qui devenait délétère à la RH et rattraper (nous l’espérions) les manques observés jusque là !

Lors de la réunion de présentation au personnel, cette 2ème partie s’est transformée en graphiques et en de vagues termes généraux d’organisation, et en des recommandations à mettre en place, pour, dixit JLO, « fidéliser » les agents RH !!
Et ces recommandations étaient même parfois des "mesurettes", telles que la mise en place de « boîte à idées » ou de journées type « Vis ma vie », comme à la télé !
Enfin, comme conseil à la demande de reconnaissance du personnel, JLO suggère aux managers d’aller interviewer l’agent pour savoir ce qu’il (elle) entend par « reconnaissance » !

Et maintenant ?

Le DRH a indiqué que certaines mesures correctives avaient été mises en place pour "donner de nouveaux repères" au service, qu’un-e DRH/DA allait bientôt arriver. Il a promis un calendrier pour le mois de juin et un premier plan d’actions.

Le secrétaire général a cependant rappelé qu’il y aurait encore des changements d’organisation, dans le cadre des CSP (Centres de Services Partagés) notamment, malheureusement à effectif en baisse, donc travail et organisation à optimiser.

Il souhaite ainsi la mise en place d’un service "accueil aux météo", centralisé, qui répondrait, dit-il, aux interrogations de tout météo quant à son dossier administratif, (et donc souvent paye) personnel.

Il a cependant souligné, en réponse à une interrogation, que « si une procédure ne marche pas, et n’a pas de sens , il faut l’abandonner  »
(Banco, pouvons nous dire : abandonnera-t-il, même temporairement, la gestion alphabétique des météo, pour revenir à la gestion "par corps", telle que réclamée par les agents RH ?)

Les personnels et les organisations syndicales ont rappelé que :

* le malaise perdurait à la RH (les départs et les arrêts maladies continuaient)

* les CSP étaient source aussi de mal-être en région, puisqu’ils éloignait les météo de leur représentant-es "de proximité", qui servaient déjà de "filtre", de part leur connaissance, et de la situation des météo de leur service, et des organigrammes et personnels RH en central, pour chercher les informations pertinentes.

* la mise en place prochaine du RIFSEEP aggravera encore la charge de travail des personnels RH, dans le cadre des contraintes actuelles de réductions d’effectif demandées par le gouvernement.

Le constat est donc pour l’instant plus qu’amer, et nous demandons plus du prochain plan d’actions RH de juin prochain !

Solidaires Météo souhaite que MF cesse d’investir dans une série "d’études" et de "diagnostics" couteux, dont les personnels attendent beaucoup et qui ne restituent au final que pâlement la réalité du terrain.
Après une forte attente, ces désillusions assorties d’un manque d’ambition pour des mesures correctives mises en place aggravent le mal être du personnel.

Nous sommes en attente d’une réallocation des investissements dans la lutte des RPS dans de vrais plan d’actions, avec des objectifs d’amélioration mesurables et mesurées.
Commencer par le service RH enverrait enfin un message positif dans l’établissement. A l’inverse, laisser pourrir la situation dans ce service central impactera négativement tous les services de l’établissement, pour si peu qu’il en resterait encore à démotiver...


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