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Le syndicalisme que nous voulons

lundi 30 mars 2020

Le syndicalisme que nous voulons

Deux conceptions du syndicalisme se sont petit à petit distinguées en France face à l’offensive néo-libérale : le syndicalisme d’accompagnement, qui se contente de chercher des ajustements aux régressions sociales jugées inéluctables, et le syndicalisme de lutte qui ne se résigne pas à la suprématie du marché sur les droits humains, sociaux et environnementaux. Les grands conflits de 1995 sur la contre-réforme de l’assurance maladie et de 2003 ou 2010 des retraites ont mis particulièrement en exergue ce qui distingue fondamentalement ces deux approches syndicales. C’est pourquoi Solidaires-Météo, fidèle à sa conception d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale, a quitté dès 2003 la CFDT devenue indigne de son histoire.

Après un long débat interne, Solidaires-Météo alors SPASMET, a rejoint l’Union Syndicale Solidaires qui, comme lui, revendique :
- Un syndicalisme de lutte et de propositions. Car tant du point de vue interne avec la direction de Météo-France que du point de vue interprofessionnel avec les projets ou décisions politiques, le syndicalisme, méprisé par les dirigeants, se doit de lutter contre les décisions et les orientations prises unilatéralement et obtenir par la négociation des mesures qui prennent en compte les intérêts des salariés.
- Un syndicalisme de transformation sociale. Solidaires-Météo continue à nourrir l’ambition de contribuer, par l’action syndicale, à l’émancipation des femmes et des hommes basée sur les principes de solidarité, de refus de toutes les exclusions et de partage des richesses.

Solidaires-Météo agit à Météo-France pour :

- Un syndicalisme de masse parce que la participation du plus grand nombre est nécessaire à l’élaboration des revendications susceptibles de créer un rapport de force ouvrant la voie à de réels changements.
- Un syndicalisme de classe parce que des forces organisées représentatives d’une petite fraction de la population et fédérées autour de l’idéologie néolibérale (patronat, pouvoirs financiers et leurs représentants dans la sphère politique) s’attaquent toujours plus aux intérêts des salariés, des pensionnés et des chômeurs . En témoignent ces dernières années l’accroissement des inégalités sociales et du nombre de travailleurs pauvres, la précarisation galopante du monde salarial pour le seul profit des actionnaires et la dé-construction larvée des 35 heures.

Solidaires-Météo considère que seule la démocratie assure l’expression de tous et confère au syndicalisme sa légitimité. Solidaires-Météo favorise les débats et la recherche de consensus permettant une prise de décision, et rejette un syndicalisme d’experts et de délégation, coupé de la base et des aspirations des salariés.

Revendiquer un syndicalisme de lutte, c’est être force d’action pour créer les rapports de force nécessaires et obtenir des avancées. Prétendre contribuer à la transformation sociale, c’est être porteurs de contre-propositions et de projets alternatifs favorables à l’ensemble des salariés, et c’est être force de négociation pour concrétiser ces avancées obtenues par la lutte. Ceci implique une double responsabilité pour un syndicat comme Solidaires-Météo : savoir élaborer des revendications avec l’ensemble du personnel pour aboutir à une mobilisation conséquente, et assurer la cohérence de ces revendications afin de terminer les conflits sur des accords respectés par la direction et acceptés par la majorité des salariés.

Un syndicalisme de type autonome ou corporatiste dont l’unique objet est la défense des intérêts immédiats de sa base est non seulement aux antipodes du syndicalisme que nous voulons mais il est également totalement inefficace voire contre productif pour affronter les problèmes d’aujourd’hui.

Solidaires-Météo s’inscrit dans un syndicalisme interprofessionnel. Il est incontournable, si on veut peser sur des choix de société, ou sur des décisions qui sont prises de plus en plus souvent hors de nos entreprises (par exemple au niveau national pour la réforme de l’État, ou au niveau européen pour le dossier Ciel unique).
Faire vivre un syndicalisme ouvert, c’est aussi rechercher l’unité syndicale et plus généralement le rassemblement des énergies au sein du mouvement social pour parvenir à l’augmentation de la capacité des salariés à infléchir le cours de leur destin collectif (d’où l’adhésion de Solidaires-Météo à ATTAC).

Solidaires-Météo considère que le syndicalisme doit être strictement indépendant des partis politiques, du gouvernement et du patronat.

Pour autant, son expression ne saurait se limiter aux problèmes liés à son champ de syndicalisation et aucun débat de société n’est en dehors de son champ d’action. Elle fait siennes les luttes :
- pour la défense des droits fondamentaux, et de la démocratie,
- pour la défense de la laïcité,
- contre toute forme de discrimination,
- pour l’égalité Femmes/Hommes,
- contre la mondialisation capitaliste ,
- pour la préservation de l’environnement.
Pour Solidaires, jeune syndicat né à la fin des années 80, composé de militants à la fois héritiers de la charte d’Amiens de 1906 et des élans auto-gestionnaires des années 70, les enjeux écologiques sont ancrées dans nos revendications, notre pratique syndicale de l’action directe et notre idée de transformation de la société.

Solidaires-Météo a pris acte d’une nécessaire transition écologique de nos sociétés et s’engage à promouvoir les alternatives locales d’organisations ou de gestions collectives qui peuvent permettre l’émergence lente d’une conscience transformant profondément les modes de pensée.

Les principes qui fondent notre action

L’emploi est l’un des thèmes revendicatifs centraux du Solidaires-Météo. La lutte contre le chômage, contre l’exclusion et pour le plein emploi est bien sûr une urgence sociale en soi. Mais au-delà, le chômage et la précarité de masse constituent l’arme principale pour imposer la régression sociale, soumettre les salariés aux dogmes néo-libéraux et biaiser encore plus la répartition des richesses en faveur des détenteurs du capital. La meilleure preuve en est la hausse des actions des sociétés qui réduisent leur effectif.

Le progrès technique a considérablement augmenté les gains de productivité. Il est donc nécessaire et légitime que le travail soit redistribué en conséquence pour permettre à tous de travailler, et à chacun de travailler moins. Pour Solidaires-Météo, la réduction progressive et continue du temps de travail va de pair avec une répartition équitable des richesses et avec le progrès social.

La défense et le développement du service public sont naturellement au cœur des revendications de Solidaires-Météo. L’intérêt général doit transcender les intérêts privés dont l’unique objectif est la recherche de profits élevés et rapides au détriment du service rendu et de la sécurité la plus élémentaire. Solidaires-Météo s’oppose à toute privatisation des services publics et se prononce pour la ré appropriation collective des services publics privatisés.

La défense des statuts est à relier au thème plus général de la défense de l’emploi public, de lutte contre la précarité et de maintien de cohésion sociale. Mais les statuts sont aussi garants de cette unité indispensable, de l’indépendance des fonctionnaires face à leurs employeur public et de l’égalité d’accès au service public pour l’ensemble des citoyens.

De même, Solidaires-Météo soutient l’Union Syndicale Solidaires dans sa construction d’un réseau de syndicats européens dans et hors de la CES ( Confédération Europeénne des syndicats ) pour construire une Europe sociale basée sur la coopération entre les salariés et non sur leur mise en concurrence. L’ambition de contribuer à la transformation sociale ne peut faire l’impasse sur l’international et notamment l’Europe. Depuis longtemps déjà Solidaires-Météo entretient des contacts avec des syndicats météos européens et œuvre pour l’élaboration d’une plate-forme de revendications communes.

Les valeurs humaines de Solidaires-Météo sont la liberté, la solidarité, les droits de l’homme et la paix. Solidaires-Météo est susceptible d’apporter son soutien à toute organisation dont l’objectif est la défense de ces valeurs et qui lutte pour que disparaissent toutes formes de discriminations fondées sur l’opinion, l’origine, le sexe ou l’orientation sexuelle.

Bien que sans cesse proclamée, l’égalité Femmes/Hommes est encore loin d’être une réalité : salaires, carrières, retraites, harcèlement, maltraitance, postes de responsabilités et tâches domestiques non-partagées, etc. Solidaires-Météo considère qu’il s’agit là d’un sujet fondamental qui nécessite une vigilance permanente, et revendique l’émancipation réelle des femmes dans tous les domaines.

La société que nous voulons se construit aussi dans les actions, les revendications et la pratique syndicale de Solidaires-Météo au sein de Météo-France.

Le principe de l’égalité est un objectif qui se doit d’être permanent pour Solidaires-Météo. Décisions à la « tête du client », traitements de faveurs, passe-droits, clientélisme, sont autant de maux qui rongent la cohésion des salariés et affectent gravement leur capacité à se défendre, à préserver leurs acquis et à conquérir des avancées sociales.

La dégradation de la qualité du dialogue social et le déséquilibre du rapport de force impose une meilleure connaissance et utilisation du droit et des jurisprudences, tout comme un nécessaire inventaire des outils et moyens de lutte alternatifs mais néanmoins légaux à notre disposition.

Une réappropriation des entreprises par leurs salariés et une remise au premier plan de la richesse apportée par le travail, par opposition à la logique purement budgétaire, sont urgentes : une des mesures consisterait à renforcer déjà considérablement les pouvoirs dont disposent les salariés au sein de l’entreprise, par le renforcement du pouvoir des représentants du personnel, au sein des instances décisionnelles.

La cohésion sociale est l’un des objectifs de Solidaires-Météo qui nous amène à lutter contre le corporatisme étroit et contre l’individualisme. Ceci implique la recherche de l’unité parmi tous les personnels de Météo-France, mais également dans le domaine interprofessionnel.

Le refus du clientélisme, la volonté de représenter l’ensemble des personnels et de défendre tous les salariés qui travaillent à Météo-France (voire plus largement), sont des principes très forts au sein de Solidaires-Météo. Ils guident l’action de nos élus et représentants dans toutes les instances..

Notre pratique syndicale entend associer action, proposition et négociation avec souci constant d’avancer le plus possible dans la satisfaction des revendications.

Solidaires-Météo est favorable à la consultation de tous les personnels sur des questions importantes.

Pour Solidaires-Météo, la démocratie interne s’articule autour :
- d’un congrès d’adhérents qui détermine les revendications et orientations du syndicat.
- de sections syndicales de régions ou de service sur lesquelles repose la vie syndicale.
- d’un Conseil national composé d’adhérents élus par le congrès et de représentants des sections
- d’un Bureau national élu au sein du Conseil national
Les avis que donne le syndicat doivent résulter le plus souvent possible d’une consultation des adhérents via ces structures citées ci-dessus.

La démocratie interne repose également sur l’information que nous diffusons auprès de nos adhérents  : information papier avec notre périodique Météo-Info, la lettre du BN, information électronique avec nos sites web, nos listes de diffusions (adhérents, militants…).
Nos représentants dans les diverses instances (nationales, locales, sociales…) doivent s’efforcer d’informer au maximum les syndiqués de ce qui se passe dans leurs champs de représentativité.

Enfin une des caractéristiques de la vie interne de Solidaires-Météo est la tolérance et le respect mutuel : les débats d’idées y sont parfois vifs, expression d’une réelle richesse militante, et se terminent toujours par des moments de convivialité qui nous rappellent que nous sommes toutes et tous rassemblé-es autour d’un projet commun.

Solidaires-Météo oeuvre en son sein pour développer une démarche éco-responsable du syndicat. Cela passe par :
- proposer systématiquement aux adhérent-es la possibilité de ne recevoir que la version numérique du Météo-Info
- limiter les envois avec des pièces jointes et mettre des liens vers les documents
- dans nos instances, utiliser des gobelets recyclables, faire le tri sélectif, avoir des déplacements éco-responsables…
- reconnaitre le rôle de Solidaires Météo comme référence syndicale en matière de CC
- reprendre les revendications issues des UTOPIQUES concernant les AMAP, le
covoiturage...


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