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Réorganisation de la prévision en région : la contre-proposition de Solidaires-Météo

mercredi 29 mai 2019

Réorganisation de la prévision en région : la contre-proposition de Solidaires-Météo

Solidaires-Météo a fait le choix de ne plus participer au Groupe de Travail (GT) dit « temps de travail » qui camoufle en fait la co-construction du poste de météo-conseil. La direction propose un nouveau scenario qui ne remet aucunement en question son choix du recours massif aux astreintes. Elle demande notre présence au GT mais refuse de nous y écouter ; ce n’est pas notre conception du dialogue social.

En réponse aux contraintes imposées par AP2022 (rappel – 450 postes), le PDG a fait le choix du maintien des missions, au prix d’une dégradation sans précédent des conditions de travail des agents et de nos capacités d’adaptation opérationnelles. Ces choix ne feront que précipiter la réorganisation suivante.

La Direction a décidé de faire porter la majeure partie des efforts de compression d’effectifs sur les DIR et veut imposer, notamment avec la mise en place du météo-conseil, une nouvelle organisation du travail très largement basée sur l’astreinte. Elle avance également ses pions via une augmentation du plafond hebdomadaire de temps de travail, en le passant à 90h dans certaines circonstances (couverture météo d’événement sportif programmé) ! C’est inacceptable.

Cette fuite en avant, Solidaires-Météo la refuse.

Solidaires-Météo défend et revendique la présence et le maintien d’effectifs en région. Dans cette logique, nous pouvons adhérer à la définition d’un nouveau métier de météo-conseil. Mais nous ne validons pas les conditions d’exercice de ce métier que veut imposer la direction.

Les directeurs thématiques ont confié au cours de leur tournée des DIR que l’automatisation des productions ne sera pas possible partout ou, tout au moins, n’ira pas aussi loin que ce qui est annoncé, en raison de la complexité de certains territoires, notamment due aux reliefs. Dès lors, il paraît évident que le plan de charge en routine du météo-conseil tel que proposé par la Direction dépassera ses estimations.

Notre contre-proposition s’appuie sur des fondamentaux en matière de conditions de travail (santé/sécurité) tout en prenant en compte les contraintes imposées par AP2022 (non que nous les acceptions, mais parce que le sujet des effectifs de Météo-France se joue au niveau de la fonction publique, alors que l’organisation du travail est de la responsabilité de l’établissement et de sa direction actuelle).

Nos principes

  • Solidaires-Météo est opposé au cumul des pénibilités quel que soit le poste. Un poste subissant déjà la pénibilité du travail de week-end ou du travail de nuit ne doit pas supporter en plus la pénibilité de l’astreinte.
  • Solidaires-Météo est opposé à la polyvalence climatologie et prévision sur de trop grands territoires. Si cette polyvalence était un atout à l’échelle d’un CDM ou d’un CMT, car elle s’appuyait sur une expertise locale, elle ne peut l’être sur des zones intégrant jusqu’à 20 départements ! Les directeurs eux-mêmes reconnaissent d’ailleurs que des solutions d’accompagnement vers des fonctions de type « clim » en horaires de bureau, souhaités par de nombreux agents, vont manquer.
  • Solidaires-Météo est opposé au travail de nuit, sauf lorsqu’il s’avère nécessaire pour remplir nos missions de sécurité des personnes et des biens. Dans tous les cas, les agents ne doivent pas se retrouver seuls pour effectuer une vacation de nuit. En clair, la nuit, c’est 0 ou 2 agents.

Notre contre-proposition

  • Afin de limiter la perte de capacité opérationnelle, notamment la nuit, Solidaires-Météo estime nécessaire de maintenir dans chaque CMIR un second poste en horaire permanent. Ce poste, appelons le « météo-conseil prévisionniste » permettrait d’éviter l’écueil de l’isolement et de la surcharge du CPR en cas de crise imprévue, en assurant un renfort immédiat. Il favoriserait également une rotation régulière des prévisionnistes sur des situations à enjeu moindre, rotation qui est la seule garante, quoi qu’en dise la Direction, d’une maîtrise fondamentale du comportement des modèles lors des situations à enjeux. De surcroît, le binôme CPR/MC prévisionniste présente une certaine robustesse permettant la meilleure réactivité possible quelle que soit la situation, avec échange d’expérience, dialogue, complémentarité, proximité physique.
  • Ce poste permanent est complété par du semi-permanent, éligible au travail à distance, et, comme le prévoit l’ARTT, complété par des vacations exceptionnelles lors des crises majeures.
  • Solidaires-Météo estime indispensable de maintenir en région des postes en horaires de bureau, appelons-les « météo-conseil climatologiste », liés à l’activité de climatologie : assurer les tâches de préparation de la qualification climatologique des événements météorologiques, répondre à toutes les missions autour de la climatologie, qui exigent proximité ou connaissance territoriale fine.

Solidaires-Météo met sa proposition sur la table et est prêt à en discuter avec la Direction.
Le PDG a asséné plusieurs fois en CTEP : « Si vous avez une proposition, je suis preneur ».
Chiche !

Suite à cette contre-proposition, vous trouverez ci-dessous le courrier expédié à M. le Ministre de la Transition écologique et solidaire :


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