Pour Solidaires-Météo, il est particulièrement navrant de constater qu’une fois de plus, l’Etat reporte sa responsabilité sur le citoyen en se dédouanant de tout par des communications infantilisantes et culpabilisantes. De même, fermer les écoles ou inciter au télétravail sans s’assurer qu’à domicile les élèves ou les travailleurs ont de meilleures conditions de travail qu’à l’école ou sur site est une fois encore une preuve d’inconséquence et de mépris de classe....
Nos revendications partent d’une exigence : quand il fait trop chaud, le travail doit s’adapter ou s’arrêter !
Et c’est seulement quand les employeurs verront leur activité stoppée en période de canicule qu’ils s’attelleront à prendre des mesures structurelles pour adapter le bâti et lutter contre le changement climatique. Dans de nombreux domaines, l’arrêt du travail est possible : industrie, BTP, commerces non-essentiels, travaux non urgents en extérieur, emplois tertiaires dans les locaux non climatisés… Il n’est pas envisageable en revanche de faire cesser d’autres métiers, essentiels pour la gestion même des effets des canicules : soignant·es, pompier·es, éboueur·es par exemple ainsi que les météorologues. Il faut alors exiger des recrutements suffisants pour permettre de diminuer le temps de travail de ces personnels pendant les périodes de forte chaleur.
Les mesures du décret du 27 mai 2025 apparaissent comme très insuffisantes. Les nouvelles dispositions visent essentiellement à limiter ou à compenser les effets des fortes chaleurs, à adapter autant que possible l’organisation du travail ou les horaires, mais pas à arrêter le travail. Par exemple, parler d’augmenter « autant que nécessaire » la quantité d’eau mise à disposition des travailleur·euses relève d’une telle évidence que présenter cela comme un progrès de la réglementation montre bien le déni et l’irresponsabilité dont fait preuve le gouvernement.
De plus, le décret ne détermine toujours pas de températures maximales de travail (ni minimales d’ailleurs), et c’est une autre limite considérable. On sait que le nombre d’accidents du travail graves ou mortels en lien avec la chaleur sont mal identifiés et peu comptabilisés (environ une dizaine d’accidents du travail mortels par an sont recensés). Il est donc essentiel de définir des températures maximales (mais aussi minimales) au-delà desquelles le travail doit s’arrêter.
Nous rappelons que le premier principe de prévention est d’éviter les risques… et donc de soustraire les travailleur·euses aux chaleurs intenses !
Infos pratiques :
– CSAEP
Jeudi 11 juin 2026
– FSEP
Mardi 30 juin 2026
– Conseil d’Administration
Jeudi 02 juillet 2026