Après les gestes barrières, les gestes barricades ?

C’était déjà vrai dans le monde d’avant et cela semble continuer dans le monde d’après : il est frappant de constater comment notre quotidien est rythmé par de longues séquences successives occupant tout l’espace : vagues d’attentats, gilets jaunes, réforme des retraites, crise sanitaire, etc. Tout cela se déroulant sur fond de crise environnementale...

Depuis combien d’années n’avons nous pas eu un temps « normal », un temps calme, tranquille ?

Outre le fait de nourrir les médias dominants, ces enchaînements saturent les esprits, instillent la peur, la méfiance, et paralysent toutes les réflexions de fond sur l’évolution de la société, sur le progrès social, sur la lutte contre toutes les inégalités. L’acmé a sans aucun doute été atteint lors de la crise sanitaire.

Il ne s’agit pas ici de revenir sur la gravité et le traitement contestable de ce moment, douloureux pour beaucoup, mais, force est de constater qu’il est quasiment impossible d’imposer d’autres débats que ceux qui sont portés et relayés par ces groupes médias. Ces derniers assurent le service après-vente des décideurs avec complaisance, parfois même, ils les devancent et vont chercher le client. Les thèmes dominants imposés se déclinent ensuite en « sous-thèmes », et un bel exemple nous est donné avec la promotion actuelle du télétravail.

De fait, cette thématique du télétravail s’impose à nous puisque les ministres du Travail et de la Fonction Publique profitent allègrement de la situation pour pousser très fort le dossier... Ils ont une fenêtre de tir favorable, il faut capitaliser sur l’expérience du printemps confiné en veillant à ne pas laisser de place, ou si peu, aux débats.

C’est donc « LE » sujet du moment. Les équipes syndicales sont mobilisées pour faire la synthèse des inconvénients et avantages de ce mode d’organisation du travail qui n’est pas nouveau, mais pourrait être largement généralisé à l’avenir. Et le calendrier joue contre les salariés car, pour profiter de l’élan du moment, tout est fait pour boucler ce dossier à l’automne. Notre PDG elle-même s’inscrit dans cet agenda.

Il faut relire à ce sujet les derniers textes officiels et ne pas hésiter à consulter la rubrique Télétravail sur notre site.

Notre identité syndicale nous a toujours conduit à défendre le collectif. C’est l’ADN de Solidaires et nous ne pouvons évidemment pas partager l’enthousiasme de la plate-forme UNSA-CFTC-CFDT sur cette individualisation du travail. Solidaires Fonction Publique, comme Solidaires-Météo dans l’établissement, participeront aux discussions. Une réunion est prévue fin juin avec notre direction suite à notre intervention lors du CTEP du 2 juin dernier. Nous ne sommes pas opposés à une part de télétravail choisi, sur la base de réglementations négociées, mais nous ne validerons en aucun cas un télétravail « open-bar ». Solidaires-Météo n’est d’ailleurs pas la seule organisation syndicale de l’établissement à afficher de la prudence voire de la méfiance sur le sujet.

Dans le monde d’après qui démarre, de nombreux autres chantiers sont déjà relancés. L’énergie de toutes et tous sera nécessaire pour conduire les travaux et maintenir un rapport de force favorable aux agents, dans notre établissement, et plus largement aux citoyen·nes dans l’espace social et public.

Le moment est venu de descendre du balcon et de réinvestir la rue et les lieux de débat. Ne nous laissons pas enfermer dans la soi-disant inévitable austérité qui se traduit déjà par de dangereux reculs préjudiciables aux salarié·es du privé et aussi certainement du public.

Dates des instances

CHS-CTEP
- 24 septembre 2020
CA
- 2 octobre 2020
CTEP
- 8 octobre 2020
CHS-CTEP
- 19 novembre 2020
CA
- 20 novembre 2020
CTEP
- 15 décembre 2020