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Visite de la PDG à la DIROI

La PDG Virgine Schwartz s’est rendue à la Réunion puis à Mayotte en octobre 2021

jeudi 11 novembre 2021

Madame Virginie Schwartz (PDG), accompagnée de Monsieur Alain Soulan (DGA et DSR/D), ont continué leur tournée des régions en passant à la DIROI du 18 au 22 octobre, 15 ans après le dernier PDG pour la Réunion et même 25 ans pour Mayotte.
Au programme un emploi du temps bien chargé avec de nombreuses rencontres avec les autorités locales (Préfets de la Réunion, de Mayotte et des TAAF) et des partenaires (PIROI et Lacy) soulignant la forte implication de Météo France et de ses agents dans de nombreux projets à l’échelle régionale. La visite à Mayotte a également été l’occasion d’une communication marquée afin d’appuyer les investissements faits sur le département : nouveau centre, houlographe et futur radar.

Concernant la discussion directe avec les agents, le bilan est toutefois bien plus mitigé. Certes, la PDG a pris le temps de discuter quelques minutes individuellement avec les quelques agents qui l’avaient interpellée lors de la rapide séance de questions réponses avant le buffet, mais au final bien peu de temps a été consacré au dialogue (moins d’une demi-journée sur l’ensemble de la DIROI). Plus décevant encore, bien que Madame Schwarz et Monsieur Soulan aient souvent été à l’écoute des agents et des représentants syndicaux, le sentiment général est de ne pas avoir été entendu sur les revendications.

Sur le sujet de la requalification, la PDG affiche un déni de compétences envers les techniciens sur des postes non requalifiés. La PDG use de vérités partielles pour justifier sa politique managériale en argumentant que la requalification en tant qu’ingénieur n’est pas la panacée, qu’il y aura toujours besoin de techniciens. Mais à l’heure actuelle, la direction n’a toujours pas fait la démonstration d’une vraie reconnaissance pour ces agents. Les hypothèses de la fusion avec le corps des TSEEAC ou de la requalification vers le corps des assistants-ingénieurs du ministère de la recherche sont à un stade rudimentaire. Et les revalorisations salariales restent très disparates(1000€ pour les TSI, aucune à TTI) renforçant parfois le sentiment d’abandon. Les techniciens informatiques semblent être les grands oubliés parmi les oubliés dans cette histoire. Même sur le choix des postes requalifiés, il est difficile de comprendre la cohérence avec certaines décisions au cas par cas suivant la localisation du poste (TSI radariste, TTI/DA, pupitreurs…). Madame Schwarz ne fait pas le lien de cause à effet entre cette gestion et le sentiment d’iniquité et de marginalisation que ressentent les agents sur des postes exclus du périmètre de la requalification.
Même du côté des postes requalifiés, la situation n’est pas beaucoup plus enviable. En attendant une éventuelle augmentation du rythme de requalification et l’arrivée de la liste d’aptitude, encore demandée par les rapports du CGEDD et du sénateur Capo-Canellas, bien peu sont les heureux élus. La PDG assure faire un lobbying fort auprès du guichet unique tout en rappelant que les prochaines échéances électorales décideront des contraintes budgétaires qui s’ imposeront à nous. En attendant, la démotivation et la frustration gagnent de nombreux collègues prévisionnistes pour qui la requalification de leur poste ne leur a rien apporté de plus sur le plan de la reconnaissance de leurs compétences. La PDG a proposé de vérifier si les conditions de l’examen professionnel et son contenu étaient équitables.

À Mayotte, la visite de la PDG semble avoir permis de débloquer quelques points. Plusieurs jours après son passage, il a été finalement décidé que les postes des collègues prévisionnistes seront requalifiés. Toutefois, cette avancée ne doit pas faire oublier les autres points évoqués pour les autres services et ne garantit en aucun cas une reconnaissance tangible pour les agents, qui ont passé de nombreuses années à travailler sur des postes TSE sans que cela soit totalement pris en compte lors de leur titularisation. Malgré, la modification du critère d’ancienneté pour concourir à l’ITPRO, les collègues sur ce poste devront attendre 2023, 8 ans après leur entrée dans le corps des TSM pour s’y inscrire. La direction s’est également engagée à regarder la question de leur retraite dont le calcul est complexifié par les changements de statuts.

En l’absence de geste fort sur ces sujets, il est difficile de voir ce sur quoi reposera réellement l’axe 5 du prochain COP. Plus encore, ce manque de reconnaissance envers les collègues du corps des TSM sur des postes particulièrement polyvalents dans nos territoires éloignés, risque d’augmenter la menace de sous-effectifs chroniques (notamment à TTI à court terme) qui amènera des conséquences encore plus néfastes.

Sur le sujet des activités liées aux TAAF, la discussion n’a malheureusement pas beaucoup avancé. Malgré les conséquences sur le missionnaire, sur la vie de la base et le surcroît de travail que cela génère pour la DIROI, le DSR/D maintient la réduction de l’effectif à Kerguelen à un seul agent. Pourtant les rapports de missions successifs des collègues et des courriers de chefs de district interpellent régulièrement Météo-France sur le risque que fait peser cette économie de personnel sur l’équilibre psychologique de l’agent de par les effets conjugués de sa situation isolée et de sa forte sollicitation professionnelle. Concernant les contraintes des missions des TSI, la direction s’est engagée à regarder en détail le sujet de l’ARTT pour éviter encore aux collègues de choisir entre leur volonté de bien faire le travail et la crainte de ne pas être couvert en cas d’accident.

A propos de l’explosion du ballon d’hydrogène en mai 2019, la PDG a reconnu que la gestion de cet accident grave n’était pas convenable et doit être améliorée. Sur l’installation de nouveau houlographe, la direction a reconnu que le sujet n’avançait plus et qu’il n’y avait aucune évolution rapide à attendre dans les prochains mois.

Enfin sur le sujet de la communication, bien qu’aucune réponse définitive n’ait été donnée, la réouverture d’un poste chargé en grande partie de ces aspects ne semble pas être à l’ordre du jour. La PDG a assuré qu’il fallait être plus efficace et à défaut, d’afficher une moins grande ambition. Elle a d’ailleurs souligné que les postes dédiés à la communication sont en train de disparaître (future fermeture d’un poste en DIRNC). Cette décision risque d’avoir de graves conséquences sur le long terme. La communication extérieure en période de crise mais également au quotidien sont d’un intérêt stratégique pour que l’établissement garde une crédibilité envers le grand public mais aussi les institutionnels. Cela est d’autant plus vrai dans une direction outre mer loin des enjeux médiatiques de l’hexagone avec ses besoins propres.

Sur le fond et la forme, la réunion avec les OS et la rencontre avec les agents, n’a selon nous pas été à la hauteur des années d’attente. Bien que nous n’espérions pas de grandes avancées, le résultat a été décevant. Bien peu de sujets ont pu être abordés et nous avons préféré nous concentrer sur les sujets les plus importants. Mais là aussi, nous avons été désagréablement surpris du faible nombre de réponses concrètes apportées par la direction. Avec le recul, une visioconférence aurait été aussi utile, et aurait sans doute permis d’économiser un peu de bilan carbone.


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